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La question à 40 000 milliards de dollars : Aura Solution Company Limited

  • Photo du rédacteur: Amy Brown
    Amy Brown
  • il y a 3 jours
  • 17 min de lecture

Repenser la gestion du patrimoine à l’ère de l’endettement croissant des États-Unis

Aura Solution Company Limited


Les États-Unis viennent de franchir un seuil financier qui, il y a encore une génération, aurait semblé presque inimaginable. La dette du gouvernement fédéral atteint désormais environ 40 000 milliards de dollars américains. Le chiffre est suffisamment considérable pour attirer l’attention, et pourtant les marchés ont réagi avec une relative indifférence. Les marchés actions demeurent résilients, l’investissement des entreprises se poursuit, les marchés du crédit restent ordonnés et les consommateurs, dans l’ensemble, continuent de dépenser.


Cette apparente contradiction mérite d’être examinée plus attentivement.


Pour les investisseurs, l’importance de ces 40 000 milliards de dollars ne réside pas dans l’idée qu’ils constitueraient une crise immédiate. Ce n’est pas le cas. De même, le niveau élevé de la dette publique américaine ne constitue pas, à lui seul, un indicateur fiable d’un point de rupture imminent sur les marchés. La question plus importante est de savoir comment l’augmentation constante de l’endettement public transforme l’environnement dans lequel le capital est alloué, les rendements sont générés et le patrimoine est préservé. C’est précisément à ce niveau que la question devient particulièrement importante pour les familles et les investisseurs disposant d’un patrimoine significatif.


Au cours des années qui ont suivi la crise financière mondiale, la dette publique est devenue l’une des principales préoccupations des marchés financiers. Les mesures budgétaires et monétaires extraordinaires mises en œuvre pour stabiliser l’économie mondiale avaient suscité de nombreuses anticipations selon lesquelles un endettement public excessif finirait par freiner la croissance économique, contraindre les gouvernements à adopter des politiques d’austérité et fragiliser les marchés financiers. Pourtant, une grande partie de cette détérioration annoncée ne s’est jamais matérialisée. La croissance économique s’est révélée plus résistante que prévu, les bénéfices des entreprises ont progressé, le patrimoine privé s’est accru et les marchés financiers ont continué à absorber des niveaux toujours plus élevés d’endettement souverain.


Les États-Unis ont accumulé environ 20 000 milliards de dollars de dette fédérale au cours de leurs 240 premières années d’existence. Ils ont ensuite accumulé 20 000 milliards de dollars supplémentaires en approximativement une décennie.


Cette accélération est importante, mais le chiffre absolu ne constitue que le point de départ de l’analyse.La dette doit finalement être évaluée en fonction de la taille de l’économie, de la capacité du gouvernement à assurer le service de ses obligations, du niveau des taux d’intérêt, de la solidité des bilans du secteur privé et, surtout, de la volonté des investisseurs du monde entier de continuer à financer cette dette.


Jusqu’à présent, le secteur privé a constitué une importante source de résilience. Les bilans des entreprises, bien qu’ils portent davantage de dette en termes absolus, demeurent considérablement plus solides que ne pourrait le laisser penser la situation générale. L’endettement des ménages est également resté relativement maîtrisé. De nombreux propriétaires américains ont refinancé leurs prêts hypothécaires durant la période de taux d’intérêt exceptionnellement bas, protégeant ainsi une part importante de leurs emprunts contre la hausse ultérieure des coûts de financement.


Cela contribue à expliquer pourquoi l’augmentation de l’endettement public n’a pas encore provoqué la contraction économique que de nombreux observateurs anticipaient.


La distinction entre les bilans publics et privés est donc essentielle. Les gouvernements peuvent emprunter davantage tandis que les ménages et les entreprises demeurent financièrement capables de consommer, d’investir et de rembourser leurs dettes. Tant que cet équilibre persiste, l’augmentation de la dette souveraine ne se traduit pas nécessairement par une diminution immédiate de l’activité économique.


Pour les investisseurs, le mécanisme de transmission le plus important pourrait toutefois se situer ailleurs.


Il se trouve sur le marché obligataire.


Pendant une grande partie de la période qui a suivi la crise financière, les investisseurs ont évolué dans un environnement où les obligations d’État de grande qualité offraient relativement peu de revenus. Les taux d’intérêt extrêmement faibles ont encouragé les capitaux à se diriger vers les actions, les marchés privés, l’immobilier et d’autres actifs capables de générer des rendements plus élevés. Le risque était relativement peu coûteux et le coût d’opportunité lié à la détention d’actifs défensifs était particulièrement élevé.


Cet environnement a changé.


Les obligations d’État et les obligations investment grade offrent désormais des rendements capables de concurrencer de manière significative les actions pour attirer les capitaux des investisseurs. Il s’agit d’une évolution structurelle importante. La question que doivent désormais se poser les investisseurs n’est plus seulement de savoir si les entreprises peuvent continuer à emprunter ou si les consommateurs peuvent supporter des taux d’intérêt plus élevés. Il s’agit de déterminer si les investisseurs finiront par considérer que le rendement offert par les actifs obligataires de haute qualité est suffisamment attractif pour justifier une réduction de leur exposition aux actifs plus risqués.


Cette distinction pourrait finalement s’avérer plus importante que le montant même de la dette.Les actions sont restées compétitives parce que les bénéfices des entreprises ont continué à progresser. Les entreprises disposant d’un pouvoir de fixation des prix, d’avantages technologiques, d’une allocation disciplinée du capital et d’une forte génération de trésorerie ont été capables d’absorber des coûts de financement plus élevés tout en poursuivant leur croissance bénéficiaire. Tant que la croissance des bénéfices demeure suffisamment robuste, les actions peuvent continuer à justifier leurs valorisations même lorsque les rendements obligataires augmentent.


Mais cette relation n’est pas permanente.


Si la croissance économique ralentit tandis que les taux d’intérêt à long terme restent élevés, l’attrait relatif des obligations augmente. Les investisseurs n’ont pas besoin de croire que les marchés actions vont s’effondrer. Il leur suffit de considérer que le rendement potentiel supplémentaire obtenu en prenant le risque actions n’est plus suffisamment supérieur à celui offert par des obligations de grande qualité.


C’est à ce moment que l’allocation du capital commence à évoluer.


Aura considère qu’il s’agit de l’une des évolutions les plus importantes que les investisseurs devront surveiller au cours des prochaines années.Les conséquences de l’accumulation de la dette américaine pourraient donc être progressives plutôt que spectaculaires. Elles pourraient se manifester par un coût structurel du capital plus élevé, une prime de terme plus persistante sur les obligations d’État, une sensibilité accrue à l’inflation, une volatilité plus importante des devises et une concurrence renforcée entre actions et obligations pour attirer les capitaux.


Pour la préservation du patrimoine à long terme, ces évolutions sont importantes.


L’augmentation de la dette publique a également des implications sur le pouvoir d’achat des monnaies. Le dollar américain demeure la principale monnaie de réserve mondiale et bénéficie de la profondeur, de la liquidité et de la solidité institutionnelle des marchés financiers américains. Ces avantages ne doivent pas être sous-estimés. Toutefois, le statut de monnaie de réserve n’élimine pas les effets de l’expansion budgétaire, de l’inflation ou de l’évolution des flux internationaux de capitaux.


Pour les familles disposant d’un patrimoine internationalement diversifié, la diversification monétaire devient ainsi de plus en plus pertinente.L’objectif n’est pas de prédire à court terme la direction du dollar. Il consiste plutôt à reconnaître qu’un patrimoine entièrement libellé dans une seule monnaie représente une forme de concentration qui peut rester invisible jusqu’à ce que l’environnement économique évolue.


Le même principe s’applique à l’allocation d’actifs.


Aura ne considère pas que la réponse appropriée à une dette publique américaine de 40 000 milliards de dollars soit d’abandonner les actions américaines ou de prendre une position directionnelle agressive contre l’économie américaine. Les États-Unis demeurent le siège de nombreuses entreprises parmi les plus productives au monde, disposent de marchés de capitaux parmi les plus profonds et restent l’une des principales sources mondiales d’innovation technologique.


La réponse appropriée consiste plutôt à adopter une approche plus réfléchie de la diversification.Pour les investisseurs fortunés, les obligations de grande qualité méritent une attention renouvelée, car leur profil de rendement a considérablement changé. Les obligations peuvent à nouveau fournir un revenu significatif tout en apportant un degré de stabilité au portefeuille qui était difficile à obtenir lorsque les rendements se situaient à des niveaux historiquement faibles.


Les actions restent essentielles à la croissance à long terme, mais la qualité devient de plus en plus importante lorsque le coût du capital augmente. Les entreprises disposant de bilans solides, de flux de trésorerie durables, d’un pouvoir de fixation des prix et d’avantages concurrentiels pérennes sont susceptibles d’être mieux positionnées que les entreprises fortement endettées dont la valorisation dépend largement du maintien de conditions de financement bon marché.


Les actifs réels méritent également une place dans cette réflexion. Les métaux précieux, les infrastructures, certains actifs immobiliers et d’autres actifs présentant des caractéristiques économiques tangibles peuvent contribuer à la diversification lorsque l’inflation, l’incertitude monétaire ou l’expansion budgétaire deviennent des facteurs plus importants pour les marchés.


La liquidité possède elle aussi une valeur particulière.


Pour les patrimoines importants, la liquidité ne doit pas être considérée comme un capital simplement inutilisé. Elle représente la capacité d’agir. Les marchés créent périodiquement des opportunités précisément au moment où les investisseurs sont les moins préparés à les saisir. Les familles disposant d’une liquidité suffisante peuvent acquérir des actifs de qualité lorsque leurs valorisations deviennent attractives, plutôt que d’être contraintes de vendre leurs investissements à long terme dans des conditions défavorables.


C’est pourquoi l’approche d’Aura dans l’environnement actuel ne repose pas sur la tentative de prévoir le moment précis où le poids de la dette deviendra problématique.


Il est possible qu’il n’existe jamais un moment unique.


Le scénario le plus probable est celui d’un ajustement progressif du prix du capital.Pendant de nombreuses années, les investisseurs se sont habitués à un monde dans lequel les emprunts publics pouvaient augmenter sans modifier de manière significative le coût du capital. Cette hypothèse devient aujourd’hui moins confortable. À mesure que l’offre de dette publique augmente et que les investisseurs exigent une rémunération plus importante pour détenir des actifs à longue duration, les taux d’intérêt peuvent rester structurellement plus élevés que ceux observés durant la période qui a suivi la crise financière.


Cette évolution crée à la fois des défis et des opportunités.


Pour les investisseurs disciplinés, des rendements plus élevés ne constituent pas uniquement une menace. Ils représentent également le retour du revenu dans les portefeuilles. Une génération d’investisseurs qui devait largement compter sur l’appréciation des actions pour générer des rendements pourrait à nouveau bénéficier d’un revenu significatif provenant d’actifs obligataires de grande qualité.


Le paysage de l’investissement devient ainsi plus équilibré.


La question centrale de la gestion de patrimoine n’est plus simplement de savoir s’il faut détenir des actions ou des obligations. Elle consiste à déterminer quelle proportion doit être consacrée à chacune, quel niveau de liquidité doit être conservé, quelle diversification monétaire est appropriée et quelle protection doit être envisagée contre l’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat.Cette question est particulièrement importante pour les familles dont l’objectif dépasse la performance d’un portefeuille au cours des douze prochains mois.


Pour un patrimoine destiné à traverser plusieurs générations, la préservation du pouvoir d’achat peut être plus importante que la recherche du rendement nominal maximal au cours d’un seul cycle de marché. Un portefeuille qui affiche de solides performances nominales tout en perdant une part importante de son pouvoir d’achat au fil du temps peut finalement manquer son objectif essentiel.


Aura considère donc le seuil des 40 000 milliards de dollars comme un rappel plutôt qu’une alerte.Il rappelle que l’architecture financière mondiale est en train d’évoluer. La dette publique est devenue structurellement plus élevée. Les taux d’intérêt sont revenus à des niveaux qui redonnent toute leur pertinence aux obligations. La diversification monétaire mérite davantage d’attention. Les actifs réels retrouvent une importance stratégique. Et la concurrence entre actions et obligations pour attirer les capitaux des investisseurs devient de plus en plus significative.Les marchés peuvent continuer à minimiser l’importance de la dette américaine pendant encore un certain temps.

Cela ne signifie pas que les investisseurs doivent faire de même.


La réponse sophistiquée n’est ni l’alarme ni la complaisance.


C’est la préparation.


Les familles qui préservent leur patrimoine à travers les générations ne sont généralement pas celles qui anticipent correctement chaque tournant économique. Ce sont celles qui construisent des portefeuilles capables de résister à différents environnements, conservent suffisamment de liquidités pour saisir les opportunités et restent disciplinées lorsque les marchés deviennent excessivement optimistes ou excessivement pessimistes.Le seuil des 40 000 milliards de dollars ne nous indique pas quand commencera le prochain régime de marché.Il nous indique cependant que les hypothèses qui ont soutenu le régime précédent méritent d’être réexaminées.

Foire aux questions

Comprendre les implications de l’endettement américain de 40 000 milliards de dollars pour les investisseursLes dix questions suivantes constituent la base de la réflexion d’Aura sur les conséquences de l’augmentation de la dette américaine pour les marchés, l’allocation du capital et la préservation du patrimoine à long terme.


1. Une dette publique américaine de 40 000 milliards de dollars signifie-t-elle qu’une crise financière est imminente ?


Non. Ce seuil d’endettement est significatif, mais il ne doit pas être interprété comme le signe automatique d’une crise financière imminente.Les États-Unis disposent de caractéristiques qui les distinguent de la plupart des autres emprunteurs souverains. Leur économie demeure exceptionnellement importante, leurs marchés financiers sont profonds et liquides, leurs entreprises restent compétitives à l’échelle mondiale et le dollar continue de jouer un rôle central dans le commerce et la finance internationaux. Ces facteurs confèrent au gouvernement américain une capacité de financement considérable.


Il existe également une distinction importante entre les bilans publics et privés. L’endettement du gouvernement a fortement augmenté, mais les ménages et les entreprises américaines n’ont pas connu une détérioration comparable. De nombreux ménages ont verrouillé des taux hypothécaires faibles au cours de la dernière décennie, tandis que les entreprises disposant de bilans solides ont continué à investir et à accéder aux marchés de capitaux.


Cela explique pourquoi les marchés ont jusqu’à présent été capables d’absorber l’augmentation de l’endettement public sans provoquer de rupture économique généralisée.Cela ne signifie toutefois pas que la dette n’a aucune importance. Les conséquences d’un endettement excessif peuvent apparaître progressivement à travers la hausse des charges d’intérêts, l’inflation, les mouvements de change et l’augmentation du coût du capital. Aura considère donc que la bonne réponse n’est pas la panique, mais une analyse plus attentive de la manière dont l’environnement budgétaire évolue et influence le prix du capital à long terme.

2. Si les marchés ont largement ignoré la dette, pourquoi les investisseurs devraient-ils y prêter attention ?

Parce que l’effet le plus important de l’augmentation de la dette pourrait passer par les taux d’intérêt et l’allocation du capital plutôt que par une crise économique immédiate.Pendant de nombreuses années, les investisseurs ont évolué dans un environnement de taux d’intérêt exceptionnellement bas. Les obligations d’État offraient peu de revenus, ce qui encourageait les investisseurs à rechercher des rendements dans les actions, les marchés privés, l’immobilier et d’autres actifs risqués. Le faible coût de l’argent soutenait les valorisations et rendait la prise de risque relativement attractive.


Cet environnement a changé.


Des rendements obligataires plus élevés permettent désormais aux investisseurs de générer à nouveau des revenus significatifs à partir de titres publics de grande qualité. Cela crée un nouveau coût d’opportunité pour chaque décision d’investissement. Un investisseur qui disposait auparavant de peu d’alternatives aux actions pour obtenir un rendement significatif peut désormais comparer les valorisations des actions avec un rendement obligataire de plus en plus attractif.C’est cette évolution qu’Aura considère comme particulièrement importante.Le chiffre de 40 000 milliards de dollars constitue un titre. La question plus déterminante est de savoir si le financement de cette dette entraîne un coût du capital structurellement plus élevé. Si tel est le cas, les conséquences finiront par toucher pratiquement toutes les grandes catégories d’actifs.

3. Des rendements obligataires américains plus élevés finiront-ils par rendre les actions moins attractives ?

Ils peuvent le devenir, mais le résultat dépendra largement de la croissance des bénéfices des entreprises et de leurs valorisations.Les actions sont en concurrence avec les obligations pour attirer les capitaux des investisseurs. Lorsque les rendements obligataires augmentent, les investisseurs exigent naturellement une rémunération plus importante pour accepter l’incertitude supplémentaire associée aux actions.Les actions peuvent néanmoins rester attractives si les bénéfices des entreprises progressent suffisamment rapidement. Une entreprise capable d’augmenter durablement ses bénéfices, de générer d’importants flux de trésorerie disponibles et de conserver une position concurrentielle solide peut continuer à justifier une valorisation attractive même dans un environnement de taux plus élevés.


Le risque apparaît lorsque des rendements obligataires élevés coïncident avec une croissance plus faible des bénéfices.Si l’économie ralentit, que les bénéfices des entreprises déçoivent et que les rendements des Treasuries restent élevés, les investisseurs peuvent progressivement considérer que le rendement supplémentaire attendu des actions ne compense plus suffisamment le risque encouru. Les capitaux peuvent alors se déplacer progressivement vers les obligations.Aura ne considère donc pas que des rendements obligataires plus élevés constituent automatiquement une raison de réduire l’exposition aux actions. Ils renforcent plutôt l’importance de la discipline en matière de valorisation et de sélection des entreprises.

4. Les investisseurs fortunés devraient-ils réduire leurs investissements en actions américaines parce que la dette publique augmente ?


Pas uniquement en raison du niveau de la dette. Une réponse plus appropriée consiste à devenir plus sélectif plutôt qu’à se désengager de manière indiscriminée.Les États-Unis demeurent l’une des principales sources mondiales d’innovation et de croissance économique. Leurs secteurs technologique, pharmaceutique, financier, industriel et de consommation comprennent de nombreuses entreprises disposant de revenus internationaux, de bilans solides et d’avantages concurrentiels importants.


Pour un investisseur à long terme, abandonner ces entreprises uniquement parce que la dette publique a atteint 40 000 milliards de dollars pourrait donc créer un autre risque : celui de manquer la poursuite de la création de richesse des entreprises américaines.La question essentielle est la qualité de l’investissement sous-jacent.Les entreprises fortement dépendantes d’un financement bon marché peuvent devenir plus vulnérables lorsque les coûts de financement restent élevés. À l’inverse, les entreprises disposant de flux de trésorerie solides, d’un endettement maîtrisé et d’une demande durable peuvent être beaucoup plus résistantes.


L’approche d’Aura consiste donc à distinguer l’exposition au marché de l’exposition à la qualité. Un portefeuille peut continuer à participer à la croissance économique américaine tout en réduisant sa concentration dans des entreprises dont les valorisations ou les modèles économiques dépendent excessivement du maintien de conditions de financement très favorables.

5. L’augmentation de la dette américaine rend-elle les obligations du Trésor moins attractives ?


Pas nécessairement. En réalité, des rendements plus élevés peuvent rendre les obligations de grande qualité plus attractives, même si les perspectives budgétaires deviennent plus complexes.Cette apparente contradiction est importante.Une augmentation des emprunts publics peut accroître la quantité de dette que les investisseurs doivent absorber. Si ces derniers exigent une rémunération supplémentaire pour compenser les risques liés à l’inflation, à la duration ou à la situation budgétaire, les rendements à long terme peuvent augmenter.Mais des rendements plus élevés signifient également que les nouvelles obligations achetées procurent davantage de revenus.


Pour les investisseurs qui devaient auparavant accepter des rendements extrêmement faibles sur les titres publics, cela représente une amélioration significative de l’univers d’investissement.La question essentielle n’est donc pas simplement de savoir si la dette américaine est sûre. Il s’agit de déterminer si le rendement offert compense suffisamment les risques liés à la duration, à l’inflation et à l’évolution future des taux d’intérêt.


Aura considère que les obligations de grande qualité méritent à nouveau une place plus importante dans les portefeuilles patrimoniaux diversifiés. La duration doit néanmoins être gérée avec discipline afin de rechercher un revenu attractif sans prendre une exposition excessive aux fluctuations des taux à long terme.

6. La dette américaine pourrait-elle à terme affaiblir le dollar ?


Elle peut influencer le dollar à long terme, mais une baisse de la monnaie ne doit pas être considérée comme une conséquence automatique d’un niveau élevé de dette publique.Le dollar bénéficie toujours de la taille de l’économie américaine, de la profondeur des marchés financiers américains et de son rôle central dans le système financier mondial. Ces avantages structurels sont considérables.Les investisseurs doivent néanmoins distinguer l’importance internationale du dollar de son pouvoir d’achat au fil du temps.


Un pays peut conserver une monnaie dominante tout en connaissant des périodes de dépréciation ou d’inflation plus élevée. Pour les investisseurs internationaux, le risque de change doit donc recevoir la même attention que les risques liés aux actions ou aux taux d’intérêt.Aura considère ainsi que les familles disposant d’un patrimoine international doivent analyser leur richesse à la fois par catégorie d’actifs et par devise. Les investissements internationaux, certains actifs non libellés en dollars et les actifs réels peuvent contribuer à réduire une dépendance excessive au pouvoir d’achat à long terme d’une seule monnaie.


Il ne s’agit pas de prévoir un effondrement du dollar.


Il s’agit de reconnaître que la diversification demeure l’un des outils les plus importants de la gestion du patrimoine à long terme.

7. Pourquoi les investisseurs devraient-ils envisager l’or et d’autres actifs réels dans un environnement de dette publique croissante ?


Parce que les actifs réels offrent une forme d’exposition économique différente de celle des actifs financiers et peuvent, dans certaines conditions, contribuer à préserver le pouvoir d’achat.L’or, les infrastructures, certains actifs immobiliers, les ressources naturelles et d’autres actifs tangibles ne dépendent pas exactement des mêmes hypothèses économiques que les actions et les obligations. Leur performance peut être influencée par l’inflation, la rareté, la demande physique et les conditions monétaires.


Cela ne signifie pas qu’ils sont systématiquement supérieurs aux actifs financiers. Les actifs réels peuvent connaître une volatilité importante et générer moins de revenus que certaines entreprises productives ou que les obligations.Leur intérêt réside principalement dans la diversification.Pour une famille dont l’horizon d’investissement se mesure en décennies plutôt qu’en trimestres, la diversification ne devrait pas se limiter à la détention de différents titres. Elle devrait également inclure une exposition à différents moteurs économiques.


Aura considère donc certains actifs réels comme un élément possible d’une stratégie plus large de préservation du patrimoine, notamment lorsque l’inflation, l’incertitude monétaire ou l’expansion budgétaire deviennent plus importantes.

8. Les investisseurs fortunés devraient-ils conserver davantage de liquidités dans l’environnement actuel ?


La liquidité stratégique est devenue plus précieuse parce qu’elle offre à la fois stabilité et capacité d’action.Pendant la période de taux d’intérêt extrêmement faibles, conserver d’importantes liquidités représentait un coût d’opportunité élevé. Aujourd’hui, la situation est différente. Les instruments à court terme peuvent générer des revenus significatifs tout en conservant un degré élevé de liquidité.Pour les familles fortunées, la liquidité possède toutefois une fonction qui dépasse le rendement.


Elle procure de la flexibilité.


Lorsque les marchés connaissent de fortes baisses, des actifs de qualité peuvent devenir disponibles à des valorisations particulièrement intéressantes. Les investisseurs disposant de liquidités suffisantes peuvent saisir ces opportunités sans devoir vendre d’autres actifs sous pression. La liquidité permet également aux familles de répondre à leurs engagements sans perturber leurs investissements à long terme.Aura considère donc la liquidité comme un capital stratégique plutôt que comme un capital simplement en attente d’investissement.


Le niveau approprié dépendra naturellement de chaque situation, mais disposer de liquidités suffisantes peut considérablement renforcer la capacité d’un investisseur à traverser un environnement incertain.

9. Quels signaux indiqueraient à Aura que la dette américaine devient un véritable problème pour les marchés ?

Le montant de la dette ne serait pas, à lui seul, le signal décisif. Le comportement des marchés serait beaucoup plus important.Aura suivrait attentivement la relation entre les rendements des Treasuries et les anticipations d’inflation, la demande lors des nouvelles émissions de dette publique, le coût réel du financement de l’État et la mesure dans laquelle l’augmentation des emprunts publics commence à limiter l’investissement privé.


Une hausse durable de la rémunération exigée par les investisseurs pour détenir de la dette publique à long terme constituerait un signal important. Si les investisseurs exigeaient des rendements sensiblement plus élevés simplement pour absorber les nouvelles émissions du Trésor, le coût du capital pourrait augmenter dans l’ensemble de l’économie.


Un autre signal important serait l’interaction entre les emprunts publics et les conditions de financement des entreprises. Si les rendements souverains augmentent simultanément à un élargissement des spreads de crédit des entreprises, le coût du financement pourrait devenir sensiblement plus élevé pour le secteur privé.L’environnement le plus préoccupant ne serait donc pas nécessairement celui dans lequel les États-Unis perdraient soudainement leur accès aux capitaux. Il serait plutôt celui dans lequel le prix du capital augmenterait de manière persistante pour les gouvernements, les entreprises et les ménages.


Cela constituerait un véritable changement de régime d’investissement.

10. En définitive, où le patrimoine mondial choisira-t-il de résider ?

C’est probablement la question la plus importante de toutes, car les capitaux recherchent constamment la meilleure combinaison entre croissance, sécurité, revenus et préservation du pouvoir d’achat.La réponse ne sera probablement pas un seul pays.Les actifs américains resteront une destination majeure des capitaux internationaux, car les États-Unis continuent de disposer d’avantages exceptionnels dans les domaines économique, entrepreneurial et financier. Mais les investisseurs n’évoluent plus dans un environnement où les actifs américains dominent automatiquement toutes les alternatives.


À mesure que les rendements obligataires deviennent plus attractifs, les titres à revenu fixe concurrencent plus efficacement les actions. À mesure que les considérations monétaires deviennent plus importantes, la diversification internationale prend davantage de valeur. À mesure que les préoccupations relatives à l’inflation et à la politique budgétaire augmentent, les actifs réels peuvent attirer davantage de capitaux. Et à mesure que les marchés privés évoluent, les investisseurs peuvent rechercher davantage d’opportunités en dehors des marchés cotés traditionnels.

Les capitaux n’ont pas nécessairement besoin de quitter les États-Unis pour que ce processus se produise.


Ils doivent simplement devenir plus sélectifs quant à l’endroit où ils sont déployés.


Pour Aura, il s’agit du message d’investissement essentiel. Le seuil des 40 000 milliards de dollars de dette américaine ne doit pas être interprété comme la prévision d’une crise imminente. Il doit être compris comme le signe que les hypothèses qui gouvernent le coût mondial du capital sont en train de changer.Pour les familles fortunées, cette évolution mérite une attention particulière.L’objectif n’est pas de prévoir le moment exact où les rendements des Treasuries atteindront leur sommet, où le dollar se renforcera ou s’affaiblira, ou encore où les actions surperformeront les obligations. Une telle précision est rarement accessible aux investisseurs à l’avance.


L’objectif est de construire le patrimoine de manière à ce qu’il demeure résilient lorsque ces variables évoluent de manière inattendue.Cela signifie conserver une exposition aux entreprises productives, saisir les opportunités offertes par les actifs obligataires lorsque leur rémunération est appropriée, diversifier les devises et les actifs réels, préserver suffisamment de liquidité et réévaluer continuellement l’équilibre entre risque et rendement.


La prochaine décennie pourrait donc être moins consacrée à la recherche d’un investissement unique considéré comme supérieur aux autres qu’à la compréhension de la relation changeante entre les différentes formes de capital.

Le monde a accumulé une quantité extraordinaire de dette publique sans produire les conséquences immédiates que beaucoup redoutaient autrefois. Cela ne signifie pas que la dette a cessé d’être importante. Cela signifie que son mécanisme de transmission pourrait être plus subtil.


Son effet ultime pourrait apparaître à travers le prix que les investisseurs exigent pour mettre leur capital à disposition.

Et si ce prix change, la destination du patrimoine mondial peut changer avec lui.


La question n’est pas de savoir si la dette américaine est devenue trop importante pour être ignorée. La question est de savoir si l’évolution du coût du capital finira par modifier l’endroit où le patrimoine mondial choisira de résider.


Pour les investisseurs qui gèrent un patrimoine important, cette question ne doit pas attendre que les marchés aient déjà changé.


Il faut s’y préparer dès maintenant.


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